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Muriel, Martial lors de la Remise de Silver jpo 2023

Zoom sur 1 territoire, la Loire

Tisser des liens entre associations du territoire Murielle Colombet est responsable du territoire de la Loire. Malvoyante depuis la naissance, atteinte d’une rétinopathie pigmentaire, une maladie évolutive, elle ne voit presque plus. Jeune mariée depuis peu, elle est accompagnée par…
Résumé livret Danièle Bizet

Une sacrée équipe !

Découvrez ici le texte de la dictée solidaire proposée par les élèves de l’Association Interact au lycée Saint-Cœur à Beaune. Le texte, issu de l’une de nos parutions, a été retravaillé par les lycéens pour cette dictée. Il souligne la…
Zoom sur le visage de Regis avec son chien Népal

Zoom sur 1 binôme : Régis et Népal

Népal, un amour de gros chien

Aujourd’hui, le binôme dont nous avons eu envie de vous parler est celui que forment Régis et Népal, un beau labrador noir et costaud. Et pour cause, l’attachement que Régis et sa famille portent à leur « Népalou » est visible dès le premier regard. « Népalou ? Il nous fait du bien à tous ! » déclare Régis.

Régis est malvoyant de naissance. Il est atteint de la maladie de Stargardt, une maladie qui touche les photocapteurs et entraine une perte progressive de la vision.

Ses parents étaient tous deux porteurs sains. Lui a vu sa vision diminuer dès l’école primaire, mais il a suivi une scolarité ordinaire, aidé par des camarades qui, à l’internat du lycée, lui faisaient la lecture pour aller plus vite. Avec eux, il a tissé des liens indéfectibles, à l’image de Laurent, qui fait toujours partie de sa vie.

À 58 ans, Régis a pris sa retraite au titre du handicap au terme de sa carrière à La Poste, explorant depuis 1988 de multiples métiers. Ces 15 dernières années, il travaillait à la direction des ressources humaines à Lyon, accompagné par Népal de 2019 jusqu’à l’an dernier.

C’est le plus tard possible, selon ses mots, que Régis se dirigeait sans canne, jusqu’au jour où il a cru qu’il allait renverser un enfant. Cela a été le déclic, le moteur du changement.

La malvoyance, contrairement à la cécité peut être difficile à comprendre pour les gens

« J’ai toujours eu le souci d’être comme les autres, mais lorsque la différence ne se voit pas, ça peut prêter à confusion, et surtout, ça peut créer des relations ambiguës avec les autres, qui ne comprennent pas toujours la subtilité de la malvoyance (vs la cécité) et l’évolution de la maladie ».

Au début, la canne lui servait à « se faire connaitre comme personne malvoyante » ; puis, la dégénérescence accélérant, elle est devenue « tête chercheuse », détectant les obstacles sur lesquels il arrivait souvent trop vite, compte tenu de sa démarche rapide, fruit de longues années de malvoyance.

En demandant un chien-guide, le besoin exprimé par Régis fut donc de retrouver un rythme rapide. Et son « gros costaud de Népal » l’a comblé au-delà de ses espérances.

Un week-end de mise en relation

C’est Cécile, son éducatrice au sein de lAssociation de chiens-guides de Lyon, qui a présenté Népal à Régis lors d’un week-end découverte. Alors que les chiens qu’il avait croisés jusque-là ne l’avaient pas convaincu, avec Népal, il rencontrait un gros costaud câlin, recherchant davantage le lien avec l’humain qu’avec ses congénères. 

« Népal est très attiré par les relations humaines. Très rapidement, il s’est senti chez lui et le week-end s’est bien déroulé à une exception près : sa rencontre avec notre chat Myno qui lui a clairement fait comprendre, sans l’attaquer, qui était le propriétaire des lieux. En réaction, Népal en a eu des pellicules selon Cécile ! Désormais, le chat vient se frotter dans ses pattes, mais Népal, lui, a retenu la leçon. Il arrête presque de respirer quand Myno s’approche de lui ».

« Non seulement il est attachant, mais en plus il est toujours partant » ! 

« L’un des souvenirs les plus marquants que j’ai de lui » ajoute Régis, « c’est notre premier trajet ensemble à Paris. J’avais effectué des reconnaissances à Anse et à Lyon avec Cécile, mais il m’a bluffé lorsqu’il m’a guidé dans des lieux qu’il ne connaissait absolument pas : à la gare, dans les rues parmi la foule, pour aller prendre le bus… C’était vraiment impressionnant.»

Avec lui, Régis peut aussi partir seul dans les vignes, autour de chez lui, et s’autorise même à le lâcher, ce qui lui permet de retrouver une marche naturelle, celle qu’il avait il y a 40 ans. 

Et quand il s’égare ou que les herbes folles sont trop hautes, Régis l’appelle et il est là. « Il me remet sur le bon chemin ».

Bien sûr, dans leurs balades quotidiennes, ce sont les vignes que Népal préfère et il essaie toujours d’influencer Régis en tirant à droite en sortant de la maison, même si les odeurs venant du marché (et du camion du traiteur) au bout du chemin partant à gauche ne le laissent pas indifférent.

Népal, c’est vraiment le chien de toute la famille !

Même si Régis est son « binôme », au sein de la famille -voire même en dehors- Népal fait la fête et des câlins à tous. Et Régis de poursuivre :

« L’image que je renvoie avec Népal me fait un bien fou. Elle me donne de la force, de l’assurance, une prestance réconfortante au sein de ma famille, vis-à-vis de mes enfants. ». « Je suis handicapé, je le sais. J’ai des difficultés, notamment en déplacement, mais alors que je me sentais ridicule dans certaines situations, parfois grotesque suite aux difficultés répétées rencontrées à la canne, avec lui je m’élance et les trajets sont bien plus fluides et précis. Au point que parfois les gens me prennent pour l’éducateur et non pour le bénéficiaire. C’est trop la classe ! »

Et Régis insiste : « Avec le chien, les gens sont beaucoup plus sympas, ils viennent vers nous au lieu de nous éviter ».

Ainsi, dans le train, qui l’emmenait au travail, il a fait beaucoup plus de rencontres en 5 ans avec lui qu’en 10 à la canne.

Au travail aussi. Car, si avec ses collègues directs, les échanges étaient faciles, dans les autres services, les gens ne savaient pas toujours comment l’aborder. Avec eux, Népal a agi comme un ancrage. À partir de là, les langues se sont déliées et beaucoup auraient aimé venir aussi au travail avec leur animal, car l’animal apaise tandis que la canne isole. 

En vélo, en tandem 

Amateur de vélo, Régis fait régulièrement des parcours, soit en VTT, soit en vélo de route.

Enfant et plus tard, à défaut de pouvoir passer le permis de conduire, il faisait du vélo solo, jusqu’au jour où, là aussi, sur un circuit qu’il connaissait par cœur, il a pris la tangente et n’a pas vu venir une voiture. Résultat : un accident et 50 points de suture. 

Un tournant qui l’a fait se diriger vers le vélo tandem via l’AVH d’abord, puis l’association Handisport Lyonnais dont il a été responsable de section. Depuis qu’il est à Anse, il pratique avec ses amis qui le pilotent, Patrick, José, Sébastien et bien sûr, Laurent son copain d’internat, jamais perdu de vue.

Vous en avez un beau chien !

Cette phrase, Régis l’entend souvent. Et ça le rend fier. Même s’il souligne qu’il n’est responsable ni de la beauté, ni de l’éducation de Népal, même s’il entretient les deux. 

« Depuis que je l’ai, je me suis redressé. Je suis plus ouvert aux autres et je profite davantage de mon environnement. Je suis disponible et cela facilite vraiment les relations. Parfois j’en profite pour passer des messages aux passants, en disant « cherche le chemin Népal ! ». Cela les incite très souvent à venir m’aider. Et puis, cela me donne la liberté de me déplacer en famille, mais aussi seul, rendant ainsi sa liberté à chacun au sein de notre famille ».

Et de conclure : « La marche avec Népal, contrairement à la marche au coude, permet de passer les obstacles sans même m’en rendre compte.

Népal m’emmène résolument vers l’avant, Toujours !».

Muriel, Martial lors de la Remise de Silver jpo 2023

Zoom sur 1 territoire, la Loire

Tisser des liens entre associations du territoire

Murielle Colombet est responsable du territoire de la Loire. Malvoyante depuis la naissance, atteinte d’une rétinopathie pigmentaire, une maladie évolutive, elle ne voit presque plus. Jeune mariée depuis peu, elle est accompagnée par Silver, son 10° chien guide.

12 ans responsable du groupe Loire de l’Association Voir Ensemble, elle n’intervient désormais que ponctuellement pour l’association sur le territoire de la Haute-Loire (43), ce qui lui permet de libérer temps et énergie pour notre association sur le territoire de la Loire (42).

À la retraite de Pole Emploi (désormais France Travail), Murielle y a occupé la plupart des postes : accompagnement, formation, puis, ces dernières années, gestion des grands comptes, ce qui lui a permis d’effectuer de nombreux recrutement dans la Loire pour des entreprises soucieuses de jouer le jeu de la non-discrimination.

Après sa retraite, Muriel a repris à mi-temps sur un poste qu’elle avait affectionné tout particulièrement pendant sa carrière, celui d’accompagnateur socio-professionnel pour les Jardins de Cocagne à Monistrol. Elle y accompagne les 12 salariés en poste, et y assure les recrutements grâce, entre autres, à son réseau. Objectif : placer les gens sur des emplois pérennes.

Ce poste, comme les précédents, lui ouvre les portes de l’entreprise, lui permettant de tisser des liens entre entreprises et secteur associatif.

Redynamiser le territoire de la Loire

Il y a 3 ans, Murielle a repris progressivement la délégation de la Loire pour l’ACGALCE, une antenne qu’elle avait gérée 20 ans mais qu’elle avait été contrainte de mettre en sommeil, compte tenu de son activité professionnelle. L’un de ses premiers chantiers a été de la rendre plus visible aux yeux de tous, mais aussi de faire le tour de tout le département, et non uniquement des villes de Saint-Étienne ou de Roanne.

Pour cela, elle écume les forums : Sury le Comtal, Firminy, Roanne, etc. afin non seulement de se faire connaitre, mais aussi, de faire le lien avec les autres associations pour y trouver des bénévoles, récolter des tuyaux ou encore dégager des synergies pour organiser des manifestations de plus grande envergure.

En parallèle, elle participe aux commissions d’accessibilité et est élue à la Ville de Saint-Étienne et à Saint-Étienne Métropole. À force d’arpenter les couloirs des collectivités, elle y est désormais connue comme le loup blanc, et c’est bien Murielle Colombet que l’on vient chercher avec son savoir-faire, son envie de jouer collectif, dans le respect des autres.

Une méthodologie qui a fait ses preuves

En général, ses demandes sont simples. Quelle que soit la manifestation, pour y participer, elle demande trois choses :

  • être transportée,
  • être nourrie,
  • être éventuellement aidée par un bénévole si la manifestation est importante.

Pour le reste, elle gère !

Ce qu’elle aime aussi : mobiliser les personnes déficientes visuelles du territoire et les bénévoles directement sur le terrain.

« Cela apprend aux gens à aider et c’est très différent de faire appel à quelqu’un qui n’a pas l’habitude. Cela démystifie les choses, surtout pour ceux qui ne sont pas très à l’aise et qui n’osent pas ou ne savent pas aborder une personne en situation de handicap ».

Avec son énergie communicative, Murielle est particulièrement sollicitée. Pour mieux répondre aux demandes de sensibilisation, elle a donc mis en place deux tamis :

  • Est-ce que cela rapporte des dons à l’association que je représente ?
  • Est-ce que cela m’amène du réseau sur mon territoire, et par conséquent, de l’information ?

Ainsi, en 2025, bien que ne tournant pas à plein régime, son antenne a rapporté plus de 8000€.

Des perspectives d’avenir…

Dans les tuyaux de cette créative infatigable, une opération Karting avec le Rotary Club de Saint-Etienne.

Son objectif : monter des équipes au sein des entreprises de plus de 50 salariés du territoire, équipes qui, pour participer au tournoi et affronter leurs homologues lors d’une journée festive, s’acquitteront d’un don à l’Association de Chiens Guides d’Aveugles de Lyon et du Centre-Est.

En parallèle, même si elle aspire à innover et à créer de nouvelles opérations créatrices de liens, Murielle sait entretenir l’existant. En 2026, elle essaiera donc de renouveler des contrats qui existaient avant son arrivée dans la délégation, comme ceux avec IKEA Saint-Étienne ou encore l’Ecole de Saint-Héand. Car là aussi, conserver le réseau, c’est important. Et de finir ainsi :

« Je ne me sens pas redevable, mais je sais que je n’aurais pas eu la vie que j’ai sans mes dix chiens-guides. Je trouve donc normal de me mobiliser pour les associations de chiens-guides. En même temps, je sais que la personne la plus à même de prendre soin de moi, c’est moi. Et c’est un message que je souhaite faire passer à tous ceux qui n’osent pas sortir de l’ombre ou se mobiliser. Dans la vie, il faut savoir-être reconnaissant ».

Résumé livret Danièle Bizet

Une sacrée équipe !

Découvrez ici le texte de la dictée solidaire proposée par les élèves de l’Association Interact au lycée Saint-Cœur à Beaune. Le texte, issu de l’une de nos parutions, a été retravaillé par les lycéens pour cette dictée. Il souligne la confiance qui se crée au sein de l’équipe maître / chien guide, dès les premiers instants.

A vous de jouer et de réaliser cette dictée, si vous le souhaitez, en lisant le texte ci-dessous ou en utilisant la version audio en fin d’article !

Il est de haute stature, d’un noir ébène luisant, la face bien équarrie marquée d’une légère
protubérance et, par-dessus tout, un regard de fauve. C’est mon premier canidé ; je ne l’ai
point choisi, je n’y connais rien.
Il cohabitera avec moi afin de me seconder, car je suis malvoyant. Certes, ce chien a été
éduqué deux ans durant ; ses formateurs me le dépeignent comme doux et gentil. Bien
entendu, j’ai suivi un stage de quelques jours pour assimiler les directives et les arcanes
du guidage ; de toute évidence, nous serons épaulés par les membres de l’association
tout au long de son existence. Mais, pour l’heure, c’est un grand garnement et il nous faut
apprendre à nous découvrir. Il nous faudra bien quelques mois pour nous apprécier, nous
appréhender, devenir un équipage. Jusqu’au jour où une vétérinaire comportementaliste
me lancera, tout sourire : « Ça y est, votre chien a confiance en vous ! »
Tous deux, nous connaissons sur le bout des doigts le manuel des maîtres de chiens parfaits
et la théorie des chiens guides d’aveugles. Sauf que mon compagnon est quelque peu
soixante-huitard sur les bords et je subodore que c’est également mon cas ! Dès lors,
nous avons adapté notre mode de fonctionnement à nos tempéraments respectifs, en
toute connivence.


Et vous ai-je déjà dit qu’il se nomme Junko, qu’il est issu d’un croisement entre un Golden
retriever et un Labrador, et qu’il pèse trente-huit kilogrammes de bonne bouille ? Ce chien
fonctionne à l’affect ; il est éminemment sociable et pondéré. Nous vivons de concert et sa
présence chaleureuse fait partie intégrante de ma vie, tel un compagnon à part entière.
Savez-vous qu’enfin les animaux sont reconnus comme des êtres animés doués de
sensibilité ? Pourtant, quand je songe que, juridiquement, un chien guide demeure
considéré comme une chose, un bien meuble, cela me répugne…

Fin de la dictée solidaire à destination des enfants


J’apprécie aller vite avec lui ; j’aime quand il me simplifie les trajets complexes par son
sens légendaire, qu’il débusque le bon sillage. Toutefois, j’ai aussi fréquemment recours à
la canne jaune, comme jadis. Et dans ces instants-là, je mets mon chien en vacance : il
chemine à mes côtés, exempt de tout harnais de travail, tel un partenaire de route. Un
partenaire bien astucieux qui, mine de rien, a souscrit pour un labeur à temps partiel et
des papouilles à plein temps !
Et mon soixante-huitard à quatre pattes fait la sourde oreille au rappel s’il n’en a cure, ou,
pis encore, s’approche de moi puis s’esquive de plus belle ; il est sourd au « NON »
catégorique quand il veut éventrer les poubelles, ingérer du fil dentaire ; sourd à mes
remontrances contre ses roulades dans les crottins de cheval ; sourd à toute urbanité
lorsqu’il aboie avec véhémence contre un vieillard qui se déplace tout courbé, quasi à
l’horizontale. Alors je l’attends, je le perds, je l’étrille (il en raffole), je le douche (il en a
horreur), je présente mes excuses aux passants !
Mais je l’aime… Et je sais qu’il m’aime…

Lors d’une séance de photographie de classe à l’école des chiens guides, son éducateur
a remarqué qu’il était l’unique spécimen à ne couver du regard que son maître, moi, qui
plus est avec des yeux éplorés d’amour !

Fin de la dictée pour tous.

Version audio de la dictée.

Texte original extrait de « Carnet de voyage en terre de chiens » rédigé par Danièle Chausse Bizet (bénévole au sein de notre association) ; un recueil de nouvelles, d’histoires de chiens, d’histoires d’équipes maitre / chien de l’Association de Chiens Guides d’Aveugles de Lyon et du Centre-Est … En vente sur notre site.

Montage montrant Ottawa bébé puis Ottawa dans les bras de Mario réalisé à l'occasion de son anniversaire

Zoom sur 1 binôme : Mario & Ottawa

Ottawa, c’est la présence féminine de la maison !

Chez le binôme que nous rencontrons aujourd’hui, la relation qui s’est installée est une relation complice où chacun est là l’un pour l’autre…

Mario et Ottawa vivent ensemble depuis plus de 5 ans, et il a fallu environ 6 mois -après la remise d’Ottawa- pour que leurs pas s’accordent vraiment et que la confiance s’installe.

Mario est malvoyant depuis peu…

Lorsqu’il prend sa retraite à 67 ans en 2014 du groupe Suisse Sika, il a beaucoup bourlingué. Ses différents postes l’ont amené de Lyon à Paris, puis à l’Export en Côte d’Ivoire, et enfin en Algérie où il restera 11 ans  à la tête de la filiale algérienne.

Lorsque ses problèmes de vue s’installent, pour lui qui a toujours beaucoup bougé, marcher à la canne, surtout dans des lieux très fréquentés, est un calvaire. Son périmètre d’actions se réduit peu à peu, et ce sont ses trois enfants qui le poussent à s’inscrire à la FIDEV d’abord, puis à prendre un chien guide afin de gagner en autonomie.

Environ deux ans après, juste avant le 2e confinement lié au Covid, Ottawa entre dans sa vie. Après une formation en locomotion, Manon et Capucine, éducatrices au sein de l’association  vont assister Mario, notamment dans l’installation d’Ottawa à la maison, car pour Mario –à ce stade- c’est une étrangère qui s’installe dans sa vie.

« Quand Capucine était là, tout allait bien, mais une fois seul je craignais de ne pas être à la hauteur ; un peu comme quand une femme qui te plait entre dans ta vie » raconte Mario.

Pourtant ces deux-là vont rapidement développer une relation fusionnelle. Très vite, Ottawa est « collée » à Mario ; si c’est lui qui la guide, elle sait aussi très bien lui faire comprendre quand elle en a assez d’une situation, et qu’il est temps de passer à autre chose. Et lui sait l’entendre et le respecte aussi.

« C’est une nana, et elle sait très bien s’y prendre avec son « papa ». Et je reconnais qu’avec elle à la maison, ma vie a complètement changé. Je suis vraiment reconnaissant à l’association pour l’avoir mis sur mon chemin, et à mes enfants pour m’avoir poussé dans cette démarche. »

Si la vie ressemble à un long fleuve tranquille pour nos deux amis, il arrive que le binôme ne soit pas toujours d’accord…

Mario, quelle est la pire bêtise d’Ottawa ?

« Ottawa est une chapardeuse. Elle me roule parfois. Quand je mets la table, que j’oublie quelque chose et que je fais le trajet entre la cuisine et la salle-à-manger, si elle le peut, elle va essayer de me piquer quelque chose sur la table. Je le sais et j’arrive à la surprendre et à la faire filer, mais je ne l’engueule jamais. C’est à moi que je m’en prends si je n’ai pas été vigilant. »

Mario a aussi mis une clochette à Ottawa, ce qui lui permet de ne pas la perdre de vue si toutefois cela lui arrivait de filer.

Et quel est ton plus beau souvenir avec elle ?

Pour Mario, il n’y a pas « un » plus beau souvenir, mais de multiples instants de joie de la vie de tous les jours.

« J’aime par-dessus tout quand après une absence pour maladie par exemple, quand je l’ai confiée à une famille d’accueil, elle me revient et me fait la fête ! Ou encore, chaque matin, lorsque je me lève, que je descends la retrouver et que, là encore, elle me fait la fête ! Quelle nana te fait la fête ainsi tous les matins, après 5 ans de vie commune ? », ajoute malicieusement Mario qui complète en glissant discrètement un œil vers Ottawa :

« J’aime tellement son regard. Elle est vraiment unique ! »

Sabrina et Oxbow parmi les résidentes des Jardins arcadie nevers

Zoom sur 1 territoire, la Nièvre

Un territoire excentré mais créatif, la Nièvre !

Aujourd’hui, nous partons du côté de Nevers pour rencontrer la dynamique responsable territoriale de la Nièvre, Sabrina di Francesco.

Dans ce territoire relativement éloigné du siège social et du centre d’éducation, peu de personnes connaissent l’Association de chiens guides d’Aveugles de Lyon et du Centre-Est et les bénéficiaires de chiens guides y sont donc peu nombreux ; en revanche, dans les rues de Nevers, tout le monde connaît Oxbow, le labrador noir qui guide les pas de Sabrina depuis 2020.

C’est peu après avoir reçu Oxbow, en 2021, que Sabrina a pris la responsabilité de ce territoire. Bénévole pour notre association, Sabrina – sportive de haut-niveau- est également engagée  au sein de l’Association Handisport Nièvre dont elle est la vice-présidente.

C’est la course qu’elle préfère…

D’abord para-triathlète, puis marathonienne, Sabrina s’entraîne désormais à améliorer son chrono pour participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Pour cela, elle s’est engagée à courir deux marathons par an, entrecoupés par quelques semi-marathons et s’entraine au quotidien.

Sur son territoire, au fil de l’eau, elle a tissé seule un réseau qui l’a amenée à collaborer de plus en plus avec l’ensemble des acteurs de la région :

  • la ville de Nevers tout d’abord qui chaque année depuis trois ans la sollicite non seulement pour animer un atelier lors du mois de l’inclusion (en octobre) mais également lors du marché où son stand permet de faire connaître les activités et la mission des chiens guides à un grand nombre de Nivernais,
  • les différentes écoles du territoire, à l’image de celle de Guérigny qui, en juin dernier, sur l’impulsion des élèves a organisé un concours de ping-pong, fixant la partie à 2€ au profit de l’association,
  • et, plus rare, avec une résidence senior, « Les jardins d’Arcadie » (anciennement Nahoma) au sein de laquelle les résidentes se sont mobilisées pour réaliser des jouets qu’elles ont ensuite vendues lors du marché de Noël, afin d’offrir la recette à l’association.

Des résidentes au grand cœur au sein d’une résidence senior

Cette initiative, co-portée par une résidente dont la petite fille est atteinte de rétinite pigmentaire, comme Sabrina, a touché le cœur de nombreux visiteurs à tel point que Véronique Lacroix, l’animatrice de la résidence envisage d’organiser de nouveaux ateliers pour mieux faire connaitre, la déficience visuelle ainsi que les solutions qui peuvent redonner de l’autonomie aux personnes déficientes visuelles, à l’image des chiens guides d’aveugles, raison d’être de notre association.

Une initiative qui, nous l’espérons, donnera des idées à d’autres responsables de territoires, d’autant que les résidentes de la résidence se sont montrées non seulement très mobilisées mais aussi particulièrement curieuses de l’éducation d’un chien guide tel qu’Oxbow, et de la vie quotidienne de Sabrina avec celui-ci. D’ailleurs, certaines résidentes l’auraient bien adopté.

Crédit photo : Jardins d’Arcadie Nevers

Deux femmes, dont l'une porte une doudoune noire avec le logo de l'association de chiens guides de lyon, un homme et une jeune fille sont tous les 4 debout sur un trottoir. Assis devant eux et regardant la jeune fille, se tient un labrador noir avec un collier bleu. En arrière plan un arbre sans feuilles et un pré vert

Taïgo, un nouveau départ aux côtés d’Eva

L’année 2026 débute de la meilleure des manières pour Taïgo, qui a trouvé sa famille pour la vie auprès d’Eva.

Deux femmes, dont l'une porte une doudoune noire avec le logo de l'association de chiens guides de lyon, un homme et une jeune fille sont tous les 4 debout sur un trottoir. Assis devant eux et regardant la jeune fille, se tient un labrador noir avec un collier bleu. En arrière plan un arbre sans feuilles et un pré vert

Initialement destiné à devenir chien guide, Taïgo a finalement été réformé pour des raisons de santé.

Lorsqu’un élève chien guide, avec lequel sa famille d’accueil et l’équipe éducative ont investi du temps, de l’énergie et beaucoup d’affection, ne peut pas poursuivre sa formation, l’association met tout en œuvre pour lui offrir un avenir tout aussi beau. L’objectif est alors de lui trouver une nouvelle place qui lui correspondra parfaitement et dans laquelle il pourra pleinement s’épanouir.

Et c’est ce qui s’est produit pour Taïgo, qui a officiellement rejoint Eva et sa famille, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de leur histoire commune.

Les parents d’Eva nous ont adressé un message particulièrement touchant : 

« Parce que chaque parcours est unique, nous tenions à partager avec vous une étape forte de notre vie.

Notre fille, Eva, est née en 2015 avec une malformation qui a rendu son chemin un peu plus sinueux. Pour elle, le monde de l’école n’est pas celui d’un enfant « lambda » : ses apprentissages demandent plus de temps, de répétition et une attention de chaque instant. Mais à ses côtés, nous avons appris que si le chemin est plus long, les victoires, une fois acquises, sont bien réelles et sont notre plus grande fierté. 

Dans notre famille, l’amour des animaux est une évidence. Eva a grandi avec son chat jusqu’à ses 8 ans, et l’équitation l’aide énormément dans sa coordination depuis 2 ans. Pourtant, la vie lui a imposé une épreuve supplémentaire : un traumatisme lié à une fausse route il y a un an et demi. Depuis octobre, l’émotionnel a pris le dessus, créant de réels troubles de l’alimentation. Malgré un suivi spécialisé, nous savions qu’une présence animale apaisante serait la clé pour l’aider.

Cela faisait un an que nous portions ce projet, attendant le bon moment et surtout le bon chien. Et comme une évidence, c’est en novembre que nous avons reçu ce mail qui a tout changé. 

Ce chien, nous l’avons espéré et attendu avec une immense impatience, non seulement pour Eva, mais aussi en tant que parents et avec toute notre famille qui l’accueille à bras ouverts. Nous savons qu’il est celui qu’il lui fallait. Ce soir, l’attente prend fin. En retour, nous nous engageons à lui apporter toute l’affection et tout le bien-être qu’il mérite pour être le plus heureux des compagnons.

Nous espérons de tout cœur que sa bienveillance et sa douceur sans jugement seront le complément idéal au suivi d’Eva, pour l’aider à apaiser ses peurs et retrouver, ensemble, le chemin de la sérénité.

Un immense merci à l’association pour leur travail incroyable et pour nous avoir permis de vivre ce nouveau départ tant attendu. »

Si la mission première de l’association est de remettre des chiens guides à des personnes déficientes visuelles, ces parcours alternatifs témoignent de notre engagement à accompagner chaque chien vers une vie épanouie et porteuse de sens.

Nous sommes heureux d’avoir contribué à la rencontre entre Eva et Taïgo, et de voir naître cette belle histoire placée sous le signe de la confiance, de la douceur et de l’espoir.

Un homme portant des lunettes de soleil se tient debout dans une pièce aux murs en pierre et au décor ancien. À ses côtés, un chien guide labrador sable, debout sur ses pattes arrière, pose ses pattes avant sur lui comme pour un câlin. L’homme sourit légèrement en tenant le chien par le harnais.

Courir pour les chiens guides

Cette année, le Semi-Marathon de Paris prendra une dimension toute particulière pour Pierre-Marie Micheli, coureur non voyant, vice-président de notre association et bénéficiaire d’un chien guide. À travers ce défi sportif, il a choisi de s’engager avec un dossard solidaire pour soutenir la formation des chiens guides d’aveugles.

Courir un semi-marathon lorsque l’on est déficient visuel est un véritable défi. Mais c’est aussi un message fort : avec l’accompagnement adapté, la confiance et la solidarité, tout devient possible. Au quotidien, le chien guide permet à son bénéficiaire de gagner en autonomie, en sécurité et en liberté de déplacement. Pierre-Marie en est la preuve vivante.

Former un chien guide demande plus de deux années de travail, l’implication de familles d’accueil, d’éducateurs spécialisés et de nombreux bénévoles. Ce parcours représente un coût important, entièrement pris en charge par l’association, afin que les chiens soient remis gratuitement aux personnes déficientes visuelles.

En courant pour cette cause, Pierre-Marie souhaite rendre ce qu’il a lui-même reçu et contribuer à offrir cette chance à d’autres. Chaque kilomètre parcouru devient ainsi un symbole d’engagement, d’inclusion et d’espoir.

Vous pouvez soutenir son engagement en participant à sa collecte solidaire.
Chaque don, quel que soit son montant, contribue directement à former les chiens guides de demain et à changer des vies.

Ensemble, ouvrons la voie vers plus d’autonomie et de liberté.

Rosy, Picsou et Sandrine recadrée

Zoom sur 1 binôme : Rosy et Picsou

Avec Picsou, je suis sereine. Je sais que je peux lui faire confiance ! »

Le binôme de ce mois est sans doute l'un des binômes les plus glamours de notre association.

Rosy Fernandez, la maitresse de Picsou est déficiente visuelle depuis l’enfance.

Lorsqu’elle rencontre Picsou, le "fit" entre eux est immédiat. Pourtant, Rosy n’en est pas à son premier chien guide !

Ce jour-là, Martial Herrscher, l’éducateur de Picsou, passé chez elle "faire un premier essai" lui dit même, après un tour de parc et un rappel parfait "Si je pouvais je te le laisserai !" tant leur connivence saute aux yeux.

Pourtant, ce doux labrador caramel aux yeux expressifs, arrivé lors du COVID, et ayant fait « la grève du chien guide » est un animal calme et tranquille comparé à sa pétillante maitresse !

Qu'à cela ne tienne !

Elle qui vient de prendre sa retraite de son dernier poste à la Banque de France, décide que c'est l'opportunité de ralentir un peu ; et lui aussi se pose ; ils se mettent au diapason.

Il faut dire que deux qualités réunissent ces deux-là : La douceur et la gentillesse !

Pourtant, quand Picsou entre dans la vie de Rosy, il n'y a que 2 mois que Humi, sa chienne précédente, est partie d’un mélanome. Malgré la douleur, elle est prête à l’accueillir, et Picsou –qui le sent peut-être– le lui rend bien. « Ce n’était que du bonheur » nous dit-elle.

Alors Rosy emmène Picsou partout. En Espagne, à la mer, à la neige, en voyage organisé… mais aussi dans les boutiques où elle aime faire du shopping.

Son meilleur souvenir ?

Il y en a beaucoup, mais Rosy est particulièrement touchée par le fait que Picsou est un chien qui aime les gens. Et qui l'aime, elle.

Quand nous sommes en vacances à la mer, Picsou se couche près du transat sous un parasol. Il semble dormir, mais si je vais me baigner, dès que je sors, je suis émue, car il est immédiatement là, debout, et m’attend au bord de l’eau. Comme un ange gardien, qui serait là pour moi".

Son pire souvenir ?

Il y en a peu, vraiment et c’est bien peu de choses…

Dans une boutique, alors que je faisais du shopping, il a volé un sac de pièces d’or en chocolat. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, et il ne les a pas mangées, heureusement. Mais à postériori, on a trouvé que le petit sac de pièces dorées, pour un chien dénommé Picsou, c’était vraiment cocasse".

Un chien particulièrement sensible

A l’école, Picsou avait peur. Il ne voulait plus travailler et mettre la tête dans le harnais. Le départ de son éducateur l’avait beaucoup affecté. Cela avait également touché Suzanne et Pierre,  sa famille d’accueil, qui espéraient qu’il puisse tout de même aller jusqu’au bout de sa mission, bien que –comme tous les chiens arrivés au moment du COVID– il ait bénéficié de moins d’heures de formation.

Mon chien précédent était une femelle, et j’avais une relation un peu différente avec elle »

Au début, Picsou n'était pas très affectueux mais Rosy l'étant, Picsou l'est devenu.

Le matin, Picsou et moi avons notre rituel, dès que je me lève il vient me faire un câlin. En général, il ne rentre pas dans la chambre ; mais quand il a un problème, il fait le tour du lit pour venir plutôt vers moi que vers mon mari, même s’il s’est attaché à toute la famille : mon conjoint, mes enfants. C’est un chien très adaptable, qui passe partout».

Picsou a aussi une relation très affectueuse avec les enfants, les bébés... Rosy pouvait mettre son petit-fils sur un tapis d'éveil quand il était petit ; jamais il n'a touché le bébé, ni même ses doudous. Et récemment, Rosy -qui cherchait son petit-fils partout, couché- l'a retrouvé couché, la tête sur le ventre de Picsou.

Les belles rencontres de l'école

Picsou a créé aussi un lien très particulier avec Fabricienne Duriez. Fabricienne est famille relais et infirmière, et plusieurs fois, Rosy lui avait confié Humi, sa chienne, alors qu’elle était malade. Elle a continué avec Picsou, et entre eux, la connexion aussi a été immédiate.

Un grand chien calme qui aime les gens

Doudou, mon grand chien, PicPic, sont les petits noms que Rosy donne à son chien, mais ce qui tire les larmes aux yeux de sa maitresse, ce sont vraiment tous les obstacles qu’il lui fait éviter, au quotidien, là où il y a des travaux, des chantiers…. La ville est parfois effrayante pour les personnes déficientes visuelles, or Picsou gère le moindre dénivelé ! Pourtant, chaque jour est différent et amène son lot d’obstacles à éviter.

Comme il est tout le temps avec moi, parfois je n’ai pas l’impression de ne pas voir »

Sur les trajets quotidiens, Rosy n'a rien besoin de lui dire. Il va vite, et ça lui permet, à elle, d’être plus disponible. Parfois, il marche aussi à côté d'elle ; même s’il n’a pas de laisse.

Et puis, Picsou apaise Rosy. Là où Humi restait nerveuse, Picsou lui, garde son calme ; imperturbable, même dans les trains, les gares, les lieux très fréquentés… C’est une grande qualité pour Rosy qui, elle-même, est plutôt stressée. Alors, quand, il n’est pas là, il lui manque.

Picsou est un chien qui aime les gens. Il est fiable. Je lui fais une confiance absolue ».

Le fait qu’il ait un très bon rappel lui permet aussi de le lâcher, avec d’autres chiens, pour qu'il puisse courir. Hors, comme tous les chiens, sa maîtresse sait qu'il en a besoin.

C’est ce qui lui permet d’être bien dans ses pattes !